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Notre première Fashion Week

Paris, 1er mars 2014, 13H20

Quelle surprise ! Tout se passe dans le silence. Pas de cris, pas de bousculade nerveuse malgré la foule des photographes qui déambule dans le jardin des Tuileries. C’est une chasse à courre respectueuse où l’on attend qu’il se passe quelque chose. Ce n’est jamais long. Le gibier haut perché trotte jusqu’aux chasseurs avec un empressement (parfois) gourmand avant de s’engouffrer sous le chapiteau de Viktor & Rolf. Tout le monde s’observe et se dévisage sans faux semblant. La règle numéro 1 est : regardez-moi. Ce n’est pas un droit, c’est une obligation. Aux aguets, droits comme des i, les photographes patientent. L’oeil des experts est forcément dépréciateur. Il ne s’agit pas de photographier n’importe qui ou n’importe quoi. On observe donc les observants.

Et puis, en un battement de cil, le photographe n’est plus du tout immobile. Il redevient un grand fauve. Le crissement de cent semelles sur le sable mouillé, ça vient de derrière, vite, on se précipite – toujours en silence car la mode est un temple – on suit le groupe des pros en avance de 15 secondes sur nous, grands débutants. Clic, clac. Parfait ! Affaire classée, la vague se détourne du modèle pour regarder le résultat sur les écrans de ses appareils. Un photographe chinois nous dit en souriant : « I don’t know who is it ». Nous non plus à vrai dire. Nous avons quelques lacunes. Ici une acheteuse, là Anna Dello Russo du Vogue Japon au bronzage étrange (couleur Citrus 14-0955 sur le nuancier Pantone). Je recule d’un pas pour faire une image floue. Un pas de plus, qui m’aurait été utile, et j’écrasais les pieds de Scott Schuman… The Sartorialist en personne est là ! Amen. Toutes les femmes le connaissent, un petit sourire, un mot échangé, leur connivence fait plaisir à voir et donne aux anonymes du coeur à l’ouvrage. Clic, Clac.

Tout va vite, le monde de la mode est pressé, à force de vouloir devancer la tendance on est en retard aux défilés. Ce matin nous lisions un article passionnant de Garance Doré résumant huit ans de Fashion Week. Aujourd’hui, il y a plus d’appareils photo dans les allées que de gens de la mode. Etait-ce mieux avant ?  Cette femme qui shoote avec son nourrisson arrimé sur le ventre semble dire : je ne veux pas y croire. Et elle a raison. Dans son coin, le plus humble de tous dans sa parka bleue, le sourire désarmant de bonne humeur, 84 ans cette année, le père des street photographes : Bill Cunningham fait des images juste à côté de nous. Et ça, c’est vraiment génial !

Un commentaire

  1. mzelle-fraise dit :

    Je suis ravie de pouvoir rattraper cette Fashion Week que j’ai ratée par ici ^^

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