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Les gens du bois

Dans un univers urbain de plus en plus normé et contrôlé (aseptisé, c’est le mot), nous sommes nombreux à aimer les bizarreries de la ville. Et à nous accrocher à ces vestiges du patrimoine populaire et modeste, qui ont fait de Paris ce lieu de diversité et d’inspiration pour les photographes, les cinéastes, les romanciers et les rêveurs. Il faut faire barrage à la disparition programmée des choses ! Sauvons ce qui peut encore l’être avant que tout ressemble à tout partout, donc à plus grand chose nulle part.

En matière d’accident de parcours, au fond d’une impasse du côté de la rue Marx Dormoy se cache une pépite, une parenthèse enchanteresse. Entre deux immeubles, à l’emplacement d’une ancienne usine, pousse tranquillement à l’abri des regards un… petit bois. Une parcelle de nature sauvage au cœur du 18? Mais oui, c’est possible !

Condamné par des palissades, le bois vivait sa vie sous les yeux des habitants du quartier qui l’observaient depuis leurs fenêtres en étage. Et puis un jour, un groupe de pionniers décide de faire le mur, d’ouvrir une brèche. Un projet prend forme. Les habitants de l’impasse s’organisent. Une association est créée. Le bois est né, vive le bois Dormoy ! On défriche, on trace des sentiers, des  zones potagères sont délimitées. Qui veut des tomates, des framboises, des herbes aromatiques ? Et voilà une buvette à l’entrée. Le bois devient une place de village où les relations se nouent ainsi que des projets associatifs et culturels. Pendant que les uns se reposent ou bavardent, les autres expérimentent l’art du potager ou construisent des cabanes. Les chats se la jouent campagnards, les oiseaux piaillent, ça respire la joie de vivre. Le dimanche, le bois est ouvert à tous. Jusqu’ici, donc, tout va bien dans le meilleur des mondes…

Nous étions curieux d’en savoir un peu plus sur cette belle initiative citoyenne. Curieux de rencontrer les gens du bois, de passer du temps avec eux. Nous leur avons consacré un article dans le premier numéro papier de la nouvelle revue de l’Instant Parisien. Vous y croiserez le chien Jonas, propriétaire du plus grand jardin de Paris, quelques amoureux des tomates, une spécialiste du compost.

Tout cela serait-il trop beau pour durer ? Gagné ! Après des années de lutte et de recours des habitants, la mairie, qui a vendu le terrain à un promoteur, a scellé le sort de cet espace sauvage. Il sera rasé. En ce début juin, nous sommes à quelques jours de l’arrivée des pelleteuses. Les arbres vont-ils tomber ? Le béton va-t-il couler à flots ?

Pendant que Berlin fait fantasmer le monde entier en distillant une certaine vision de la liberté et de l’improvisation, Paris doit-elle forcément se couper de ses marges, de ses dernières friches, pour se conformer à l’agaçant stéréotype d’une ville musée, bientôt proprette, figée dans un espace neutralisé ? Les pouvoirs publics ne devraient pas oublier que ça aussi c’est Paris, et qu’en terme d’image, de sex-appeal touristique, une capitale a tout à gagner à laisser souffler en son sein un petit vent de bohème. 2.000 mde nature en vrac en plein centre ville, ça peut faire rêver les gens de Manhattan ou de Tokyo aussi sûrement que la cour carrée du Louvre. La magie de Paris restera intacte tant qu’elle sera capable de nous réserver des surprises, des découvertes, notre part d’inattendu. S’il reste encore une petite chance pour sauver ce bois de la destruction, il faut signer la pétition en ligne, en parler autour de nous. Le digital à la rescousse du végétal, ce serait pas mal, non ? On compte sur vous pour faire passer le message !

Pour lire l’histoire complète du bois Dormoy, rendez-vous dans les pages papier de la revue.

Le bois Dormoy. Cité de la Chapelle. Paris 18e.

2 commentaires

  1. Nico dit :

    Dommage de voir ce petit îlot disparaître… Je vous rejoins dans votre combat, et je viens de signer la pétition visant à empêcher cette destruction.
    J’ai également parcouru quelques articles de votre site et je vous félicite chaleureusement !

  2. Langeard dit :

    Merci pour cet article. J’ai immediatement signé la petition car ce quartier n’est pas,c’est Le moins que l’on puisse dire, très riche en verdure…
    Un petit post sur instagram pour sensibiliser un peu plus ?

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